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Agis d'un seul coeur

Claude Njiké-Bergeret

La leçon de vie et de courage d’une femme libre qui a choisi de vivre de peu, en accord avec elle-même, le temps et la nature et nous raconte ses vingt-trois ans d’amour pour la terre africaine et le pays Bangangté.
Fille de missionnaire, Claude Njiké-Bergeret est née au Cameroun et y a grandi jusqu’à ses treize ans, avant de rentrer en France. Dix-huit ans plus tard, elle choisit de revenir au village de son enfance, en mettant de côté son éducation et les valeurs occidentales qu’on lui a apprises pour revenir à une existence moins codifiée, plus libre et plus harmonieuse. 
A la mort du chef de village, son époux, elle décide de pousser plus loin son aventure africaine, et s’installe sur une parcelle de brousse inhabitée avant elle. Là, au bord du Noun, à 25 kilomètres de Bangangté, au Nord-Ouest du Cameroun, elle construit sa « ferme », cultivant maïs, arachides, maniocs, ignames… d’abord seule, puis rejointe par ses enfants et de nombreux jeunes qui tentent de cultiver ces terres vierges. Une houe sur l’épaule et une machette à la main, elle cherche chaque jour à vivre sur, de et avec la terre. Contre toute son éducation qui l’avait préparé à vivre en ville, dans l’abondance et le culte exclusif du progrès, Claude Njiké-Bergeret habite une nature sauvage, envahissante, imprévisible, mais aussi généreuse et pleine d’enseignements. En tenant compte des valeurs du peuple Bangangté, elle cherche à mieux la comprendre et la respecter. Cette vie, loin de la modernité, peut déranger ceux qui croient aux bienfaits d’un progrès et d’une croissance illimitée mais c’est celle qu’elle a choisie. Bien sûr, ce chemin est difficile : le travail de la terre est épuisant, parfois ingrat et semé d’embûches, lorsque les singes détruisent ses récoltes, ou que les crues inondent tout… mais elle apprend et s’émerveille chaque jour.