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La lettre de Mehdi Bayad - « Bienvenue au Bâtiment ! Souriez, ne tentez pas de vous enfuir et profitez du séjour. »

Chers lecteurs, chères lectrices,

Venez vous reposer durant trois jours sur une île merveilleuse, loin du tumulte bourdonnant et harassant de Bruxelles. Ici, tout le monde souhaite votre bonheur ! D’ailleurs, si vous cessez d’être paranoïaques, vous aurez peut-être la chance d’être invités à nous rejoindre dans le Bâtiment pour un séjour vraiment inoubliable…

Résumé du livre de Mehdi Bayad - Le bâtiment

 

Un soir, un homme quitte Bruxelles et débarque sur une île au large des côtes belges. Il veut s’isoler pour prendre du recul après une violente dispute dans son couple. Mais le séjour vire à la paranoïa : on l’espionne chez lui, des corps sont retrouvés sur la plage, et d’étranges silhouettes vêtues de jaune rôdent sur l’île. Les insulaires, quant à eux, se taisent dès qu’on évoque le Bâtiment, un centre qui accueillerait des individus « en marge de la société »... Psychose collective ou complot ? Pour comprendre ce qui se joue sur l’île, l’homme devra cesser de fuir et affronter les véritables raisons qui l’ont conduit jusqu’ici.

Comment tout a commencé

 

Tous les quatre ou cinq mois, je disparais sans donner de nouvelle. Personne n’est prévenu. Les câbles qui assurent d’ordinaire l'attache avec mes proches sont rompus d’un coup de hache. "Qu’est-ce que tu fais ? Je pars. Où ça ? Là-bas. Pourquoi ? Parce qu’il le faut."

Le procédé est relativement simple : j’enfourne un pull dans mon sac à dos, je racle mes fonds de compte en banque pour acheter un billet de train au prix d’un menu kebab, puis je réserve un logement Airbnb et je m’en vais. 72 heures. Jamais plus. 

Une fois loin, la question de l’occupation du temps ne compte plus vraiment : on trouve toujours à s’occuper quand on est seul, fortement agité et d’un naturel porté à la discussion avec soi-même. Un soir, durant l’un de ces voyages, un inconnu m’a demandé pourquoi j’étais de passage dans son village et surtout pourquoi j’étais seul. Avais-je quelque chose à fuir ? Cette dernière question m’a beaucoup plu. Pour tenter d’y répondre, j’ai ouvert un logiciel de traitement de texte et j’ai commencé à écrire ce roman.

Des anomalies

 

Ce roman est parsemé d’anomalies. Avec application, j’ai tenté de briser les principales règles qui constituent un récit littéraire classique. Comment ? À vous de le découvrir. Dans quel but ? Pour servir le propos intime tissé en filigrane durant cette fiction, notamment notre rapport aux normes, aux règles et au plaisir qu’on peut tirer à s’en affranchir.

D’abord, le style narratif évolue sans cesse durant l’intégralité du récit : d’une narration « classique » à la première personne, le roman se transforme en pièce de théâtre, puis en script dialogué, en poème… De plus, la construction de l’intrigue se base sur un procédé étonnant : chaque chapitre est en réalité un message vocal, envoyé par le personnage principal à destination de son amant resté à Bruxelles ; ces messages sont entrecoupés de SMS, d’articles de presse, de pages internet… Ces choix narratifs ne doivent rien au hasard. Ils reflètent la manière dont nos voix, aujourd’hui, peuvent être fragmentées et dissonantes à travers les échanges digitaux. 

Autre spécificité ? Toute l’intrigue se déroule sur moins de 3 jours : ce roman est un huis-clos composé d'un long plan séquence, quasiment sans ellipse, sans pause pour reprendre son souffle. Le lecteur, comme le personnage principal, sont invités à plonger en apnée de la première à la dernière page du roman — je leur souhaite un agréable voyage.

Enfin, soulignons que sur l’île où se déroule l'intrigue, aucun personnage n’a de nom. L’île elle-même n’est jamais nommée. Le personnage principal est uniquement appelé « le touriste », rien de plus. Quant à l’endroit qui concentre tous les mystères, il s’appelle simplement Le Bâtiment. Ces absences renforcent à la fois l’universalité et l’ambiguïté du récit : ces gens et cette arène pourraient être n’importe où, n’importe qui, n’importe quand. Le roman devient dès lors un miroir, où les inquiétudes contemporaines se reflètent dans le regard du lecteur…

Le mot de la fin

 

Autour de nous, nombreux sont ceux qui éprouvent un malaise à vivre dans la société moderne. Certains s’y adaptent et parviennent à dissimuler leurs failles ; d’autres n’y trouvent jamais leur place. Pour les inadaptés, les marginaux, les non-conformes, l’injonction est permanente : il faut à tout prix paraître heureux et « normal ». Ce roman est une tentative d’explorer ces individus en marge, et surtout le poids des attentes qui les écrasent.

Un roman sur le malaise de notre époque, entre isolement des individus, identité fracturée et constante pression sociale.

La presse en parle

 

"Une fiction dystopique impressionnante" - Télérama

"Un habitué des fictions énigmatiques" - France Inter

"Un chirurgien du mot juste qui ne met pas de gants" - 20 Minutes

"Un OVNI doué d'une créativité réjouissante " - Télérama

"Un auteur qui déconstruit les règles " - Le Monde

"Un écrivain à l'imagination foisonnante " - L'humanité